Acheter une voiture essence neuve : est-ce une folie financière avant l’interdiction de 2035 ?

Vue dramatique d'un concessionnaire automobile belge avec des voitures essence neuves sous un ciel incertain
12 mars 2024

Acheter une voiture essence en Belgique aujourd’hui n’est pas une folie, mais un arbitrage stratégique : la rentabilité ne dépend plus du prix d’achat, mais de votre capacité à anticiper les contraintes fiscales et techniques.

  • La valeur de revente est désormais dictée par les taxes CO2 et l’accès aux zones de basses émissions (LEZ), bien plus que par le kilométrage.
  • Les moteurs essence modernes « downsizing » présentent des risques de fiabilité coûteux, surtout pour les trajets courts typiques en Belgique.

Recommandation : Analysez votre usage réel et les taxes régionales (TMC, circulation) avant tout achat. Un modèle essence peut être viable, mais uniquement si son coût total de possession (TCO) est maîtrisé sur une fenêtre d’opportunité de 5 à 7 ans.

L’échéance de 2035, date de l’interdiction de la vente de voitures thermiques neuves en Europe, plane comme une épée de Damoclès sur chaque conducteur belge. Pour beaucoup, l’alternative électrique ne convainc pas, que ce soit pour des raisons de coût, d’autonomie ou d’infrastructure de recharge. La tentation de s’offrir une « dernière » bonne voiture essence est donc forte. Mais est-ce un acte de résistance pragmatique ou un suicide financier annoncé ? La question n’est plus de savoir si votre voiture sera un jour bannie, mais combien elle vous coûtera réellement d’ici là, en taxes, en entretien et surtout, en perte de valeur.

Les conseils habituels se résument souvent à un calcul simpliste opposant le kilométrage annuel au prix à la pompe. Cette logique est aujourd’hui totalement dépassée en Belgique. Le véritable enjeu se niche ailleurs, dans les détails techniques et réglementaires que beaucoup ignorent. Nous pensons aux normes Euro, aux zones de basses émissions (LEZ) qui se durcissent, à la fiabilité des nouveaux petits moteurs essence ou encore à l’impact dévastateur de la fiscalité CO2 sur la valeur de revente. La question n’est donc pas de savoir s’il faut fuir l’électrique, mais plutôt de comprendre si l’achat d’une essence peut encore être un pari gagnant.

Cet article propose une vision de stratège, prudente mais visionnaire. Nous n’allons pas vous dire si vous devez acheter ou non, mais nous allons vous donner les clés pour réaliser un arbitrage réglementaire et financier éclairé. Loin des discours anxiogènes, nous analyserons le coût total de possession contextualisé à la réalité belge. Vous découvrirez comment naviguer dans la complexité des LEZ, pourquoi certains moteurs sont des pièges à éviter et comment la fiscalité a redéfini les règles de la décote. L’objectif : vous permettre de calculer vous-même votre « fenêtre d’opportunité thermique » et de transformer une potentielle folie en un investissement maîtrisé.

Pour vous guider dans cette analyse stratégique, nous aborderons les points névralgiques qui détermineront la viabilité de votre futur véhicule essence. Cet article est structuré pour vous fournir une feuille de route claire, des réglementations actuelles jusqu’aux alternatives futures.

Moteur essence Euro 6d : jusqu’à quand pourrez-vous entrer dans Bruxelles ?

La question de l’accès aux centres-villes est devenue le critère numéro un pour tout acheteur de voiture en Belgique. Les Zones de Basses Émissions (LEZ) ne sont plus une lointaine menace, mais une réalité contraignante. Pour un moteur essence, la norme clé est « Euro 6d ». Actuellement, un véhicule essence répondant à cette norme peut circuler librement dans toutes les LEZ belges, y compris Bruxelles, Anvers et Gand. Le respect des critères est d’ailleurs très élevé, puisque selon le rapport 2024 de la LEZ bruxelloise, 99,3% des véhicules en circulation sont conformes.

Cependant, la quiétude est temporaire. L’horizon à surveiller est 2035. À cette date, la Région de Bruxelles-Capitale prévoit d’interdire la circulation de tous les véhicules essence et LPG, quelle que soit leur norme Euro. Cette interdiction sera précédée par celle des diesels en 2030. Votre nouvelle essence Euro 6d a donc une durée de vie réglementaire garantie d’environ une décennie à Bruxelles. Passé ce délai, sa valeur sur le marché bruxellois deviendra quasi nulle. Il est crucial de noter que chaque ville a son propre calendrier, même si une certaine harmonisation se dessine.

Cette planification à long terme doit être au cœur de votre réflexion financière. L’achat d’un véhicule aujourd’hui doit intégrer cette dépréciation programmée. Comprendre les échéances est essentiel pour ne pas se retrouver piégé avec un véhicule invendable ou soumis à des amendes. Le tableau suivant synthétise les dates clés pour les principales villes belges.

Ce calendrier, basé sur une analyse des réglementations actuelles, montre une convergence vers 2035 pour l’essence, mais des différences notables pour le diesel, impactant le marché de l’occasion.

Calendrier d’interdiction des véhicules thermiques dans les principales villes belges
Ville Diesel interdits Essence interdits Amende
Bruxelles 2030 2035 350€
Anvers 2031 2035 Variable
Gand 2031 2035 Variable
Wallonie Pas de date fixée Pas de date fixée N/A

Pour intégrer pleinement cette dimension réglementaire, il est utile de relire [post_url_by_custom_id custom_id=’9.1′ ancre=’les échéances qui définissent la viabilité de votre achat’].

En conclusion, si un moteur essence Euro 6d vous garantit la tranquillité pour plusieurs années, son achat s’apparente à un investissement avec une date d’expiration connue. C’est un facteur déterminant pour calculer sa valeur résiduelle future.

Pourquoi les petits moteurs essence « downsizing » cassent-ils plus vite que les anciens ?

La promesse du « downsizing » était séduisante : des moteurs plus petits, suralimentés par un turbo, pour allier la puissance d’un gros moteur à la consommation d’un petit. En théorie. Dans la pratique, et surtout dans le contexte des trajets courts et congestionnés de la Belgique, cette technologie a révélé des fragilités critiques. Le piège du downsizing réside dans une contrainte physique simple : ces moteurs sont conçus pour être performants à haute température, un régime qu’ils atteignent rarement lors du cycle typique « maison-école-supermarché ».

Ce manque de chaleur a des conséquences désastreuses. L’une des plus connues, illustrée par les problèmes du moteur 1.2 TCe de Renault, est la dilution de l’huile. Sur de courts trajets, une partie de l’essence injectée ne brûle pas complètement et s’écoule le long des cylindres, se mélangeant à l’huile moteur. Ce mélange perd ses propriétés lubrifiantes, entraînant une usure prématurée du moteur et du turbo. À l’inverse, à chaud, certains de ces moteurs peuvent présenter une consommation d’huile excessive, un autre symptôme de conception poussée à ses limites.

Cette vue détaillée d’un moteur moderne met en lumière la complexité de ses composants. La fiabilité de cet ensemble dépend d’un équilibre fragile, facilement perturbé par un usage inadapté. Pour le conducteur belge, cela se traduit par un risque accru de pannes coûteuses, bien avant le kilométrage attendu pour un moteur « à l’ancienne ». La maintenance préventive devient alors non plus une option, mais une nécessité absolue pour la survie du moteur.

Votre plan de survie pour un moteur essence downsizé

  1. Huile Moteur : Utiliser impérativement une huile respectant la norme constructeur exacte (pas seulement la viscosité). C’est votre première ligne de défense.
  2. Régénération : Effectuer au minimum un trajet autoroutier de 30 minutes tous les 15 jours pour permettre au moteur et au système de dépollution d’atteindre leur température optimale.
  3. Carburant : Privilégier le carburant SP 98 octane. Sa combustion plus propre aide à réduire l’encrassement des soupapes d’admission, un autre point faible de l’injection directe.
  4. Contrôle des Niveaux : Contrôler le niveau d’huile tous les 1000 km. Une consommation anormale est le premier signe d’un problème imminent.
  5. Anticipation : Envisager de manière préventive le remplacement du turbo après 100 000 km, surtout si le véhicule est principalement utilisé en ville.

Pour éviter les mauvaises surprises, il est primordial de comprendre [post_url_by_custom_id custom_id=’9.2′ ancre=’les faiblesses techniques de ces motorisations modernes’].

L’achat d’une voiture équipée d’un moteur downsizé n’est donc pas à proscrire, mais il exige une discipline de conduite et d’entretien bien plus stricte que par le passé. Ignorer ces contraintes, c’est s’exposer à des factures qui annuleront rapidement les économies réalisées à la pompe.

Essence ou Diesel : le point de bascule se situe-t-il vraiment à 30 000 km/an ?

Pendant des décennies, le choix entre essence et diesel en Belgique était un simple calcul de coin de table : au-delà de 20 000 ou 30 000 km par an, le diesel, plus cher à l’achat mais moins coûteux à la pompe, devenait plus rentable. Cet adage est aujourd’hui complètement obsolète. Le véritable point de bascule n’est plus kilométrique, mais fiscal et réglementaire. La rentabilité d’un diesel s’est effondrée face à deux murs : les LEZ et une fiscalité punitive.

Les zones de basses émissions ont ciblé les diesels avec une agressivité particulière. Les normes d’émissions de particules fines et surtout d’oxydes d’azote (NOx) sont beaucoup plus strictes pour eux. À Bruxelles, par exemple, les diesels Euro 5 sont déjà sur la sellette et seront bannis en 2025, alors que leur équivalent essence (Euro 5) pourra circuler jusqu’en 2030. Cette différence n’est pas anodine : d’après les données 2021 de la Région bruxelloise, près de 40% des émissions de NOx des voitures provenaient encore des diesels Euro 5, justifiant leur éviction rapide.

Cette réalité a été parfaitement synthétisée par un expert du secteur dans une analyse récente du marché automobile belge. Il ne s’agit plus d’un simple calcul de rentabilité, mais d’une décision stratégique. Comme le souligne cet expert dans son analyse du marché automobile belge de 2024 :

Le point de bascule n’est plus kilométrique mais fiscal et réglementaire.

– Expert automobile belge, Analyse du marché automobile belge 2024

Cette phrase résume la nouvelle donne. L’achat d’un diesel neuf aujourd’hui, même pour un gros rouleur, est un pari extrêmement risqué. Sa valeur résiduelle est quasi assurée de s’effondrer bien plus vite que celle d’un modèle essence équivalent, en raison de son exclusion progressive des villes et d’une fiscalité (TMC et taxe annuelle) qui le pénalise lourdement dans les trois régions du pays.

Le débat n’est plus seulement économique mais aussi réglementaire, il est donc crucial de comprendre [post_url_by_custom_id custom_id=’9.3′ ancre=’les nouveaux facteurs qui dictent le choix du carburant’].

En définitive, même en parcourant plus de 30 000 km par an, l’équation financière penche désormais massivement en faveur de l’essence (ou de l’hybride) en raison du TCO (Coût Total de Possession) contextualisé, qui inclut la décote accélérée et les contraintes d’accès. Le diesel est devenu une option économiquement irrationnelle sur le marché du neuf en Belgique.

Les 3 modèles essence qui perdent 50% de valeur dès la première année

Le titre est volontairement provocateur, car il n’existe pas de liste magique de « 3 modèles » à éviter. La réalité est plus subtile et bien plus inquiétante : n’importe quel modèle essence, même d’une marque réputée, peut devenir un gouffre financier si un paramètre clé est ignoré : la fiscalité CO2. En Belgique, la valeur résiduelle fiscale a supplanté la réputation de la marque comme principal facteur de décote. Un véhicule peut perdre une part significative de sa valeur non pas à cause de sa qualité, mais parce que ses émissions de CO2 le placent dans la mauvaise tranche d’imposition.

Le phénomène est particulièrement brutal pour les SUV essence des segments C et D non hybridés. Ces véhicules, souvent choisis pour leur confort et leur espace, deviennent quasi invendables sur le marché de l’occasion belge. La raison est double : la Taxe de Mise en Circulation (TMC), à payer une seule fois, et la taxe de circulation annuelle. En Flandre et en Wallonie, ces taxes explosent dès que le véhicule dépasse certains seuils d’émissions de CO2. Un acheteur d’occasion se retrouve alors à devoir payer des taxes annuelles disproportionnées par rapport à la valeur du véhicule.

Étude de cas : L’impact de la fiscalité CO2 belge sur la décote des SUV essence

L’exemple le plus parlant est celui d’un SUV de marque généraliste. Un modèle affichant 139 g/km de CO2 peut avoir une taxe de circulation raisonnable. Le même modèle, avec une motorisation légèrement plus puissante ou des jantes plus grandes, peut afficher 141 g/km. Ce saut de 2 grammes peut le faire basculer dans une tranche fiscale supérieure, entraînant une TMC et une taxe annuelle bien plus élevées. Résultat : sur le marché de l’occasion, le modèle à 141 g/km devient un « paria fiscal ». Selon des analyses du marché, un modèle dépassant un seuil fiscal clé peut perdre jusqu’à 30% de valeur supplémentaire par rapport à son jumeau mieux positionné, et ce, dès la première année.

Le danger est donc de choisir un véhicule en se basant sur son prix d’achat ou ses options, sans simuler au préalable le montant de la TMC et de la taxe annuelle. Un « bon deal » en concession peut se transformer en un fardeau financier à long terme, avec une décote pouvant effectivement atteindre 50% ou plus en deux à trois ans, car personne ne voudra racheter un véhicule lourdement taxé.

Avant de signer, il est impératif d’évaluer [post_url_by_custom_id custom_id=’9.4′ ancre=’comment la fiscalité impactera la valeur future de votre véhicule’].

La stratégie pour l’acheteur prudent est donc claire : avant de regarder la couleur ou les équipements, il faut vérifier les émissions de CO2 du modèle exact convoité et calculer son impact fiscal dans sa région de résidence. C’est ce travail d’arbitrage réglementaire qui préservera la valeur de votre investissement.

Filtre à particules essence (GPF) : l’erreur de conduite qui le bouche en 6 mois

Depuis l’introduction de la norme Euro 6c, la plupart des voitures à injection directe d’essence sont équipées d’un Filtre à Particules (GPF), l’équivalent du FAP pour les diesels. Son rôle est de capturer les particules fines émises lors de la combustion. Mais, tout comme son cousin diesel, le GPF a besoin de conditions spécifiques pour se régénérer, c’est-à-dire brûler les suies qu’il a accumulées. Et c’est là que le bât blesse pour de nombreux conducteurs belges : la régénération ne s’active que lors de trajets longs à vitesse soutenue, où le moteur atteint une température élevée.

L’erreur de conduite fatale est donc de n’utiliser sa voiture essence moderne que pour des trajets courts et urbains. Le cycle « maison-école-travail-supermarché » est la recette parfaite pour un colmatage rapide du GPF. Le filtre accumule les suies sans jamais avoir l’occasion de les éliminer. En quelques mois, il se sature, provoquant une perte de puissance, une surconsommation et l’allumage du redouté voyant moteur. L’expérience d’un automobiliste belge est à ce titre très éclairante.

Le cycle typique maison-école-travail-supermarché en ville est la recette parfaite pour colmater le GPF. Mon filtre s’est bouché après seulement 8 mois d’utilisation urbaine. Le coût de régénération forcée m’a été facturé 220€ en concession, et on m’a prévenu qu’un remplacement complet pourrait coûter plus de 1200€.

– Témoignage d’un automobiliste belge

Ce témoignage, corroboré par de nombreux retours de garagistes, met en lumière un coût d’usage caché. Le contrôle technique périodique, de plus en plus strict sur les émissions, ne laissera passer aucun filtre défaillant. Un remplacement peut coûter une somme considérable, annulant toute l’économie de carburant espérée.

L’inspection technique devient ainsi un moment de vérité. Un GPF mal entretenu est une cause de refus quasi certaine, entraînant des frais importants. La solution n’est pas technologique mais comportementale : il faut impérativement « décrasser » son moteur régulièrement par des trajets sur autoroute pour assurer la longévité de ce composant essentiel.

Maîtriser l’entretien de ces nouveaux composants est essentiel, il faut donc bien comprendre [post_url_by_custom_id custom_id=’9.5′ ancre=’les erreurs de conduite qui peuvent s'avérer coûteuses’].

En conclusion, l’achat d’une voiture essence récente pour un usage exclusivement urbain est une aberration économique. La technologie GPF, bien que bénéfique pour l’environnement, impose des contraintes d’utilisation qui, si elles sont ignorées, transforment la voiture en une source de dépenses imprévues.

Quand votre diesel Euro 5 sera-t-il définitivement interdit à Bruxelles ?

Pour comprendre le sort qui attend potentiellement les voitures essence, il est instructif d’analyser la situation des diesels, et plus particulièrement de la norme Euro 5. À Bruxelles, l’échéance est claire et imminente : à partir du 1er janvier 2025, les voitures diesel Euro 5 seront définitivement interdites de circulation dans la Zone de Basses Émissions (LEZ). Cette mesure concerne un nombre très important de véhicules encore en circulation aujourd’hui, et elle sert de modèle pour les futures interdictions.

Pour les propriétaires de ces véhicules, la question « Que faire ? » devient pressante. Plusieurs options s’offrent à eux, mais aucune n’est parfaite. La première est de revendre le véhicule, mais sa valeur est quasi nulle sur le marché belge. Il ne reste que le marché de l’exportation vers des pays aux normes moins strictes. La deuxième option, pour les résidents bruxellois, est de radier la plaque d’immatriculation et de bénéficier de la prime Bruxell’Air. Cette aide a pour but d’encourager le passage à une mobilité alternative (transports en commun, vélo, voiture partagée). Selon les revenus, la prime Bruxell’Air offre jusqu’à 566€ à 1.132€, une somme modeste au vu de la perte du véhicule.

Enfin, la dernière option est de conserver le véhicule et d’utiliser un pass journalier pour les déplacements occasionnels. Ce pass, au coût de 35€ par jour, est limité à un maximum de 8 jours par an et par véhicule. C’est une solution de dépannage, pas une alternative viable. Le contrôle, automatisé par près de 300 caméras ANPR, est implacable et l’amende s’élève à 350€ par infraction.

Le cas du diesel Euro 5 est un excellent cas d’école. Il démontre que lorsqu’une norme est bannie, la valeur du véhicule s’effondre et les options pour le propriétaire deviennent très limitées et financièrement peu attractives. C’est un aperçu de ce qui attend les propriétaires de voitures essence à l’horizon 2035. La perte financière n’est pas une hypothèse, mais une certitude programmée.

L’analyse du passé est riche d’enseignements, il est donc utile de revoir [post_url_by_custom_id custom_id=’2.1′ ancre=’le scénario de fin de vie d'une norme moteur’] pour anticiper l’avenir.

Cette situation doit inciter tout acheteur d’une voiture thermique neuve à planifier une stratégie de sortie. Il ne s’agit plus de conduire sa voiture « jusqu’au bout », mais de la revendre au moment optimal, avant que le couperet réglementaire ne tombe et ne pulvérise sa valeur.

E-fuels : solution miracle pour le climat ou excuse pour garder les moteurs thermiques ?

Face à l’interdiction de 2035, une lueur d’espoir est apparue pour les défenseurs du moteur thermique : les e-fuels ou carburants de synthèse. Leur promesse est de rendre les moteurs à combustion neutres en carbone, en produisant de l’essence ou du diesel à partir d’hydrogène vert et de CO2 capté dans l’atmosphère. Sur le papier, c’est la solution parfaite. Mais une lecture prudente des faits s’impose. La réalité est que les e-fuels sont confrontés à deux obstacles majeurs : leur disponibilité extrêmement limitée et leur coût prohibitif.

Sur le plan de la production, les chiffres sont sans appel. Les capacités de production sont encore embryonnaires. Selon une étude de l’ONG Transport & Environment, même avec des investissements optimistes, les e-fuels ne couvriront que 2% des besoins du parc automobile européen d’ici 2035. Cela signifie que ces carburants seront, au mieux, réservés à des marchés de niche comme l’aviation, les transports maritimes ou peut-être une poignée de voitures de sport de luxe (comme Porsche, qui investit massivement dans le domaine), mais certainement pas pour l’automobiliste lambda.

Le deuxième obstacle est le prix. Produire un e-fuel est un processus extrêmement énergivore. Les estimations les plus sérieuses tablent sur un prix à la pompe qui serait plusieurs fois supérieur à celui de l’essence actuelle. Pour un conducteur belge, l’impact financier serait énorme, même en imaginant que les accises soient réduites, ce qui est loin d’être garanti.

Le tableau suivant, basé sur les projections actuelles, compare le coût pour un automobiliste belge moyen. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Comparaison essence SP95 vs e-fuels pour un automobiliste belge
Critère Essence SP95 actuelle E-fuels (projection 2035)
Prix au litre 1,70€ 4-5€ estimé
Coût annuel (15.000 km) 1.530€ 3.600-4.500€
Disponibilité Toutes stations Très limitée
Accises belges Oui Probablement oui

Il est crucial d’analyser les alternatives avec réalisme, et une relecture de [post_url_by_custom_id custom_id=’13.5′ ancre=’la comparaison des coûts’] est éclairante.

En conclusion, les e-fuels relèvent plus du mirage que du miracle pour le grand public. Compter sur eux pour « sauver » son futur achat de voiture essence est une stratégie extrêmement risquée. Ils constituent une piste technologique intéressante, mais ne représentent pas une solution économiquement viable pour la mobilité de masse dans un avenir prévisible.

À retenir

  • L’échéance de 2035 n’est pas la seule contrainte ; les LEZ et la fiscalité CO2 en Belgique dictent la viabilité d’un achat essence dès aujourd’hui.
  • La fiabilité des moteurs essence modernes (downsizing, GPF) est un risque financier majeur pour les conducteurs effectuant principalement des trajets courts.
  • La valeur de revente est désormais un « pari fiscal » : un mauvais positionnement CO2 peut entraîner une décote massive et rapide.

Voiture électrique vs thermique : à partir de quel kilométrage l’électrique devient-elle vraiment plus verte ?

La question de la pertinence écologique et économique de la voiture électrique (VE) est souvent au cœur des débats. Si sa fabrication, notamment celle de la batterie, génère une « dette carbone » initiale, le point de bascule où elle devient plus vertueuse qu’un véhicule thermique dépend crucialement du mix énergétique utilisé pour la recharger. En Belgique, la situation est particulièrement intéressante et évolue rapidement. Alors que la part des voitures électriques augmente significativement pour atteindre près de 8% du parc bruxellois début 2025, la rentabilité s’accélère pour certains profils.

Le cas du « prosumer » belge, c’est-à-dire le propriétaire qui produit sa propre électricité via des panneaux solaires, est l’exemple le plus frappant. Pour ce profil, la voiture électrique atteint une rentabilité écologique et financière quasi immédiate. La « dette carbone » de la fabrication est rapidement compensée par l’utilisation d’une énergie verte et locale pour la recharge. Le coût d’usage devient alors imbattable.

La dimension fiscale belge renforce encore cet avantage. En Flandre, une voiture 100% électrique bénéficie d’une exonération totale de la Taxe de Mise en Circulation (TMC) et de la taxe de circulation annuelle. En Wallonie, ces taxes sont réduites au montant minimum. Pour le propriétaire de panneaux solaires, le point de bascule financier n’est donc pas à calculer sur des dizaines de milliers de kilomètres : il est quasi instantané.

Étude de cas : Le prosumer belge et la rentabilité immédiate du VE

Prenons un propriétaire wallon disposant d’une installation de panneaux solaires. Même avec la fin du système de « compteur qui tourne à l’envers », l’autoconsommation de l’énergie produite reste la stratégie la plus rentable. En rechargeant son VE principalement en journée avec sa propre production, le coût du « carburant » devient marginal. Ajoutons à cela des taxes réduites au minimum (contrairement à un SUV essence qui peut coûter des milliers d’euros en TMC) et un entretien réduit (pas de vidange, pas de GPF, etc.). Dans ce scénario, le surcoût à l’achat du VE est amorti en quelques années seulement, bien avant que la question du point de bascule écologique ne se pose réellement.

Pour le conducteur qui ne veut pas d’électrique, cette réalité est un point de comparaison incontournable. Elle démontre que pour une part croissante de la population (les propriétaires de maison avec toiture exploitable), l’alternative électrique n’est plus une contrainte, mais une opportunité économique majeure. Ignorer ce fait, c’est risquer de s’accrocher à un modèle thermique dont le coût total de possession (TCO) ne cesse d’augmenter face à un concurrent de plus en plus compétitif.

Pour évaluer sa propre situation, il est essentiel de comprendre [post_url_by_custom_id custom_id=’9.1′ ancre=’les principes fondamentaux qui régissent aujourd'hui le marché automobile belge’].

L’achat d’une voiture essence reste donc un choix personnel, mais il doit se faire en pleine conscience : dans le contexte belge, l’alternative électrique est devenue, pour un segment significatif du marché, non seulement plus verte à moyen terme, mais surtout imbattable financièrement à court terme.

Questions fréquentes sur l’avenir des voitures thermiques en Belgique

Que faire de ma voiture diesel Euro 5 après l’interdiction ?

Vous pouvez la revendre pour exportation, bénéficier de la prime Bruxell’Air en radiant la plaque si vous êtes éligible, ou l’utiliser avec un pass journalier à 35€ (limité à 8 jours par an). Sur le marché belge, sa valeur sera quasi nulle.

Comment fonctionne le contrôle par caméras ANPR ?

À Bruxelles, environ 300 caméras lisent automatiquement les plaques d’immatriculation à l’entrée et à l’intérieur de la LEZ. Si un véhicule non autorisé est détecté, une amende de 350€ est envoyée au propriétaire. Le nombre d’amendes est cependant limité à une tous les trois mois, soit un maximum de quatre par an.

Y a-t-il une période de transition ou un avertissement ?

Oui, un système d’avertissement a été mis en place. Pour les nouvelles catégories de véhicules interdites, les contrevenants reçoivent d’abord un courrier d’avertissement lors de leur première infraction. L’amende de 350€ n’est envoyée qu’en cas de nouvelle infraction constatée plus de trois mois après la première.

Rédigé par Laurent De Smet, Membre actif de la Fédération Belge des Véhicules Anciens (BEHVA), Laurent vit sa passion pour les ancêtres depuis 20 ans. Historien de l'automobile et consultant en investissement, il guide les collectionneurs dans l'achat, l'immatriculation (Plaque O) et la préservation de leur patrimoine roulant. Il connaît chaque boulon et chaque cote.

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